Le Gauleiter Wagner

Le Gauleiter Wagner
Robert Wagner (né le 13 octobre 1895 Robert Heinrich Backfisch à Lindach près d'Eberbach sur Neckar, mort fusillé le 14 août 1946 au Fort Ney, au nord de Strasbourg) était Gauleiter de Bade, puis du Gau « Oberrhein » (Rhin supérieur) qui englobait le Pays de Bade et celui d'Alsace, et faisait partie des fonctionnaires nazis les plus importants pendant le Troisième Reich.
Origines

Le père de Robert Wagner était agriculteur. Sa famille était protestante, mais lui-même avait quitté l'église protestante et dès la fin des années 1930 se qualifiait simplement de « croyant en Dieu ». Quand éclata la 1re guerre mondiale, Wagner abandonna sa formation d'enseignant à Heidelberg et s'inscrivit comme volontaire. Wagner resta toute sa vie sans avoir achevé sa formation professionnelle. De 1914 à 1918, il se battit en Flandre, devant Verdun, sur la Somme, devant Loretto et en Champagne, vivant ainsi quelques-unes des batailles les plus épouvantables du front ouest. Ses talents de commandement lui valurent de monter en grade et, à la fin de la guerre, il était lieutenant. Il reçut plusieurs distinctions militaires. Il vécut la capitulation comme un coup de poignard dans le dos portée contre la patrie qui chancelait. Au moins selon ce qu'il affirmera plus tard, cette expérience éveilla en lui la haine des « criminels de novembre », de la gauche et des déserteurs.
La République de Weimar

Après la fin de la guerre, Wagner se joignit à un bataillon de volontaires de son régiment et participa à la répression des troubles révolutionnaires à Mannheim. Par la suite, il se heurta de manière répétée à la police. Il refusa de rendre ses armes et une intervention du ministère de la Guerre le protégea des conséquences de cette désobéissance militaire. En 1923, il fut envoyé à l'École d'infanterie de Munich, à l'époque le centre d'instruction pour officiers le plus important d'Allemagne ; c'est là qu'il fit la connaissance d'Hitler et de Ludendorff à qui il voua aussitôt une grande admiration.
Le 9 novembre 1923

La participation au putsch d'Hitler, le 9 novembre 1923, lui valut une condamnation à un an et trois mois de détention en forteresse ; il ne dut cependant la purger que peu car, après déduction des deux mois de prison préventive et de trois semaines de prison effective, il bénéficia du sursis. Depuis ce moment, Wagner entretint les relations les meilleures avec Hitler et Goebbels. Hitler lui laissa d'ailleurs plus tard une liberté d'action totale et le soutint en vertu de son principe général de commandement, suivant lequel les centres de pouvoir avaient le droit de s'opposer dans les débats aux instances centrales. Pour ses « mérites » de 1923, Wagner reçut en 1934 la plus haute marque d'honneur du Parti national-socialiste, ce qu'on appelait les « ordres du sang », en tant que « combattant de vieille date ».
Le propagandiste

Après son licenciement de la Reichswehr, en mai 1924, Wagner n'arriva plus à reprendre pied dans le monde du travail. Il préféra fonder en 1925 le Gau Baden du Parti national-socialiste et s'occupa activement comme organisateur et orateur du parti. La SA ayant été interdite, on créa pour la remplacer temporairement une organisation de rechange, appelée Schlageterbund d'après Albert Leo Schlageter, et on y mit aussi ce qui restait de la NSDAP interdite. Il en fit une nouvelle SA. Il fit en sorte que le Pays de Bade, avec le journal Führer qui parut pour la première fois le 5 novembre 1927 eût son propre journal local, qui par la suite devait devenir l'organe central de propagande du Pays de Bade.
Devant les tribunaux

Wagner fut condamné plusieurs fois pour injures et blessures corporelles aggravées à de la prison et à des amendes. Mais les tribunaux firent toujours preuve à son égard d'une grande compréhension :

Le 18 décembre 1929, à l'occasion d'une rencontre internationale de la commission tarifaire des cheminots, il avait provoqué les membres français en entonnant des chansons anti-françaises. Comme un cheminot allemand avait protesté, Wagner l'avait injurié, l'appelant « cochon, balourd, pauvre type, canaille » et lui avait envoyé son poing à la figure. Le tribunal se contenta de condamner Wagner à une amende légère de 100 RM du fait que le cheminot aurait dû tout de même savoir qu'il avait affaire à des nationaux-socialistes. Il aurait dû tenir compte de leur fanatisme bien connu dès qu'ils se trouvaient en face d'étrangers qu'ils n'aimaient pas et qu'ils entraient en fureur dès qu'on leur disait qu'à cause de ces étrangers on devait s'abstenir de chants militaires.
Wagner comme parlementaire

En 1927 la NSDAP obtint également au Pays de Bade de bons résultats aux élections du Reichstag et même au-dessus de la moyenne en comparaison avec les autres Länder. En 1929, elle reçut 7 % des voix aux élections du Landtag, ce qui permit à Wagner d'y entrer et de jouir de l'immunité parlementaire. Plusieurs fois, le Landtag refusa d'obéir à la requête du ministère de la justice pour lever cette immunité à cause des démêlés judiciaires de Wagner.

Dans les débats parlementaires, Wagner n'intervint que rarement. Ce qui importait à lui et à son parti, au contraire, c'était de ridiculiser le système parlementaire et d'entraver son fonctionnement. Au contraire, il attachait beaucoup d'importance à son indemnité parlementaire et aux voyages gratuits par la Reichsbahn.

Le 2 juin 1932, Wagner expliquait en séance publique du Landtag badois qu'il s'agissait de mettre à bas le parlementarisme qui « détruisait les valeurs ». « Nous autres, nationaux-socialistes, n'attachons aucun prix à être parlementaires ».

Dès 1930, il avait exposé au Landtag d'une façon absolument claire et et prophétique que la Constitution de Weimar et celle du Pays de Bade n'étaient que des moyens pour atteindre le but. « Le jour viendra où ce méchant ouvrage de Weimar avec votre prétendu État s'écroulera de lui-même ».

En 1932, Wagner fut nommé à la direction de la NSDAP pour le Reich.
Pendant le nazisme

Le 9 mars 1933, Wagner revint au Pays de Bade, muni des pleins pouvoirs que lui avait accordés le ministre de l'Intérieur du Reich Wilhelm Frick. En fort peu de jours, la prise de pouvoir dans le pays était terminée. Wagner, qui avait depuis le 5 mai 1933 le titre de Reichsstatthalter et était en même temps un des onze Gauleiters de la NSDAP du Reich, annonça - comme un signe en direction des SA - la fin de la révolution.
L'anti-marxiste

Comme le député socialiste Daniel Nussbaum avait tenté de se défendre quand on était venu l'arrêter par mesure de sécurité et qu'il avait tué d'un coup de feu par deux policiers, Wagner en prit prétexte pour arrêter avec une rare brutalité les députés socialistes et communistes du Reichstag et du Landtag et les faire interner en camp de concentration. En 1934, il fit assassiner Ludwig Marum, juif selon la définition nationale-socialiste de la race et président du groupe parlementaire socialiste pendant de longues années.
L'antisémite

Antisémite passionné, Wagner alla, dès la prise de pouvoir, jusqu'à devancer la loi « sur la restauration du statut des fonctionnaires » du 7 avril 1933 et de façon encore plus radicale, et il révoqua immédiatement tous les fonctionnaires d'origine juive.

Le 1er avril 1933, avec l'approbation de l'État, il mena les premières actions de boycott contre les entreprises juives au Pays de Bade.

Pendant la nuit de cristal, il laissa le champ libre à la populace pro-nazie, réprimant en personne toute tentative d'empêcher l'incendie de la synagogue de Karlsruhe. Par la suite, conformément à sa manière de gouverner, il s'occupa de couvrir d'une apparence légale et bureaucratique l'aryanisation des entreprises et des biens juifs.

Après l'entrée en France des armées allemandes et l'armistice du 22 juin 1940, Wagner put mener à bonne fin ses plans antisémites comme chef de l'administration civile en Alsace et, avec Josef Bürckel, son collègue pour la Lorraine annexée, il expulsa en zone libre, au cours de ce qu'on appelle l'action Wagner-Bürckel, 6 500 Juifs de Bade et du Palatinat ainsi que 22 000 Juifs alsaciens. Là-dessus encore, il montrait la voie aux autres : les déportations planifiées des juifs allemands ne commencèrent dans le reste du Reich qu'à l'automne 1941.

Les juifs chassés de Bade et d'Alsace, furent installés dans des conditions dramatiques dans le camp d'internement de Gurs, au pied des Pyrénées. Des 4 500 Juifs de Bade, seuls 750 survécurent, 2 000 furent déportés en 1942 dans les camps de concentration de Majdanek et d'Auschwitz où ils furent assassinés. Les Juifs restés au Pays de Bade eurent droit au même sort. La propagande nazie exultait : « L'Alsace est débarrassée de ses juifs ».
Germanisation de l'Alsace

Hitler avait demandé à Wagner et Bürckel de lui annoncer dans dix ans que leurs régions étaient maintenant allemandes et purement allemandes, en leur faisant savoir qu'il ne les interrogerait pas sur les méthodes qu'ils auraient employées pour y arriver.

La tentative de Wagner pour germaniser l'Alsace échoua bien qu'il eût expulsé au moins 100 000 personnes ou plutôt ne les eût pas laissées revenir en Alsace. Dès 1942, l'administration nazie avait changé d'avis. On ne voulait plus faire cadeau du sang « allemand » à l'étranger. Au total 17 000 Alsaciens - le plus souvent considérés comme peu sûrs pour des raisons politiques ou autres, par exemple des personnes et des familles dont les membres s'étaient soustraits au service du travail obligatoire ou à l'incorporation de force dans l'armée – furent transférés de force dans les régions conquises à l'Est. À Schelklingen près d'Ulm, des camps spéciaux avaient été préparés pour eux. Là, on leur « procurait » ensuite du travail. Des plans de transfert beaucoup plus vastes jusque dans les districts de Lublin et de Zamość ne furent pas mis en œuvre en raison de la guerre.

Les noms des localités et les noms des rues furent « germanisés ». « Fort-Louis » devint, par exemple, « Ludwigsfeste ». Les habitants furent forcés par le décret du 15 janvier 1943 de transformer leurs noms de famille s'ils n'avaient pas une consonance germanique.

L'usage de la langue française fut interdit. Quiconque y contrevenait pouvait se retrouver au camp de redressement de Schirmeck.

Il n'y avait qu'une poignée d'Alsaciens qui fussent disposés à adhérer au Parti nazi. Seuls quelques-uns furent volontaires pour entrer dans les forces armées ou la Waffen-SS, si bien que sur l'initiative de Wagner le service militaire obligatoire fut introduit en août 1942 en même temps qu'on imposait aux recrues alsaciennes la nationalité allemande. C'était contraire aux règles du droit international de la convention de Genève concernant le traitement de la population dans une région occupée. Beaucoup de jeunes Alsaciens nés en 1908-1910 furent obligés d'entrer dans la Waffen-SS et non dans les forces armées. En janvier 1944, alors que la Wehrmacht sous les ordres de Keitel s'y était jusque là refusée, Wagner convint avec Himmler de mobiliser les anciens officiers de réserve français dans la Waffen-SS. Il fit enfermer dans le camp de concentration de Neuengamme 42 officiers que toutes les pressions n'avaient pu faire céder. 22 y laissèrent leur vie.

Pour décourager les désertions, Wagner introduisit la Sippenhaft (représailles contre la famille).

Le nombre d'Alsaciens susceptibles d'être incorporés dans l'armée se montait au total à 200 000. Seuls 40 000 purent difficilement y échapper. Environ 100 000 Alsaciens durent combattre : 20 000 périrent à la guerre, 22 000 furent portés disparus, 10 000 furent gravement blessés.

Comme instrument d'éducation politique, Wagner créa un tribunal spécial siégeant à Strasbourg. D'après lui, seule la peine de mort pouvait avoir un effet dissuasif d'où le nombre de peines capitales qui furent prononcées. Avant les séances, Wagner inspectait les dossiers et avait l'habitude de fixer la peine avec le président Huber et le procureur Simon.

En 1940, sa voiture est prise pour cible par un groupe de jeunes résistants qui détruisent son véhicule à l'aide de grenades alors qu'il est dans un café. Ces jeunes qui se font connaître sous le nom de « Main Noire » échappent aux allemands.

Dès 1940, Wagner avait fait établir un camp de redressement près de Schirmeck, destiné aux « fortes têtes alsaciennes », qu'il gardait sous son contrôle malgré quelques tentatives des SS de l'intégrer dans leur système de camps de concentration. Ce camp comptait 650 détenus en août 1941. En septembre 1942, il comprenait environ 1 000 hommes et 400 femmes.

En outre plusieurs milliers de prisonniers de guerre, d'adversaires politiques et de résistants furent assassinés dans le camp de concentration alsacien du Struthof tenu par les SS.
L'ennemi du catholicisme

Wagner eut d'abord avec l'Église catholique dirigée par l'archevêque de Fribourg Conrad Gröber des relations plutôt tranquilles parce que ce dernier voyait dans le bolchevisme le véritable ennemi et souhaitait une attitude positive face au nouvel État. Cette situation changea avec le temps, puisque Wagner était un adversaire convaincu des Églises dont il voulait détruire l'influence conformément à l'idéologie nazie. Ses tentatives pour précipiter les choses et faire condamner Gröber en 1940, à cause de son sermon de la Saint-Sylvestre, et de le faire mettre en prison, à cause de sa lettre pastorale du 12 février 1941, se heurtèrent au veto d'Hitler qui voulait repousser après la « victoire finale » la lutte contre les Églises.

Avec l'Église protestante, au contraire, et à la différence par exemple de ce qui se passait dans le Wurtemberg, il eut peu de difficultés. Lui-même n'hésita pas à s'occuper de l'admission des jeunes pasteurs nationaux-socialistes dans le « NS-Pfarrbund » qui se joignit en 1933 au mouvement religieux des chrétiens allemands.
La fin

Wagner s'enfuit en novembre 1944 et passa le Rhin pour échapper à l'avance des Alliés. Jusqu'au bout, il essaya de leur opposer une résistance militaire. Il menaça de la peine de mort tous les hommes à la tête du « mouvement », s'ils essayaient de s'enfuir. Le 31 mars 1945, il menaçait encore des tribunaux d'exception tous les « éléments criminels », s'ils « arboraient des drapeaux blancs à l'approche de l'ennemi ». À la fin de la guerre, il se cacha d'abord comme domestique dans une ferme. Après avoir appris la mort de sa femme, il se rendit à Stuttgart aux Américains, qui le livrèrent aux Français.

Le 3 mai 1946, le tribunal militaire de Strasbourg le condamna à la mort en raison des crimes qu'il avait commis en Alsace, c'est-à-dire l'expulsion en masse de 20 000 personnes en 1940, la création du camp de Schirmeck et les pressions sur le tribunal spécial de Strasbourg, cause d'un grand nombre de condamnations à mort.

Jusqu'à la fin, Wagner ne cessa de « croire » en Hitler. Il fut passé par les armes le 14 août 1946.
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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 05:50

La communauté Juive de Strasbourg La synagogue de la rue Sainte-Hélène avait été inaugurée le 8 septembre 1834 à un moment où la Communauté juive de Strasbourg comptait 1 500 personnes.('en photo)

La communauté Juive de Strasbourg  La synagogue de la rue Sainte-Hélène avait été inaugurée le 8 septembre 1834 à un moment où la Communauté juive de Strasbourg comptait 1 500 personnes.('en photo)
Le grand rabbin de Strasbourg, René Hirschler, mobilisé en 1939, poursuivit ses fonctions comme rabbin itinérant, et visita les membres de sa communauté, dispersés dans plus de cinquante localités au sud de la Loire.
A Strasbourg, la synagogue du quai Kléber, qui avait été édifiée en 1898, fut incendiée par les par les Jeunesses hitlériennes le 12 septembre 1940 puis Dynamitée en 1941 par les nazis. Les sapeurs pompiers se virent interdire de combattre l'incendie de la synagogue, dont le mobilier et les orgues avaient été déménagés auparavant par les nazis. Ceux-ci détruisirent totalement le bâtiment et effacèrent toute trace de sa structure.
Les Juifs de Strasbourg jouèrent un rôle majeur dans l'action éducative, sociale, sanitaire et dans la résistance. Ils fondèrent des écoles agricoles, et contribuèrent à les insérer dans le cadre du Scoutisme français (Eclaireurs Israélites de France). Sous les auspices de l'O.S.E., ils aidèrent à ouvrir des cliniques et des maisons d'enfants. Ils organisèrent par la suite des transferts d'enfants vers la Suisse ou la Palestine (par l'Espagne), et se joignirent à la Résistance armée.

Pour avoir pris par à ces activités, les rabbins Hirschler, Robert Brunschwig et Elie Cyper, ainsi que le jeune chef target="_blank"Léo Cohn, furent arrêtés et déportés vers les camps de la mort. Les rabbins Samy Klein et Aron Wolf furent tués au cours d'actions de résistance.

Environ dix mille juifs vivaient à Strasbourg avant la seconde guerre mondiale. Ils furent huit mille à y revenir après la Libération. Mille d'entre eux périrent en déportation, et un autre millier décida de s'installer ailleurs.

# Posté le dimanche 22 novembre 2009 05:40

Libération de Strasbourg 23 novembre 1944

Libération de Strasbourg 23 novembre 1944
Serment de Koufra :
Le serment de KOUFRA marque la détermination des allier de rendre a la France ses frontières originels, ce qui inclus de libérer l'Alsace et la Lorraine ! Leclerc fait lever les couleurs et s'exprima ainsi: Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotterons sur la cathédrale de Strasbourg ! C'est le Serment de Koufra.

23 Novembre 1944

Il est 10h30 A le QG de Leclerc, un motocycliste ruisselant de pluie remet un carré de papier jaune au général. Quatre mots ont été griffonnés à la hâte: <<Tissu est dan iode>>.<<tissu>>, c'est le sous-groupement commandé par Rouvillois <<iode>>, c'est le nom de code de Strasbourg.

Les détachement Briot et Lenoir traversent en trombe les faubourg de Schiltigheim (au nord de Strasbourg), pénètrent au centre ville où les tramways et les voitures allemandes circulent comme si de rien n'était. Ils foncent vers le sud par la rue de la Nuée Bleue, passent devant la cathédrale, oblique vers l'est en direction du pont de Kehl. En chemin, ils font 800 prisonniers, soldats et fonctionnaires.

Pendant ce temps, Rouvillois emprunte le chemin le plus direct pour s'assurer le contrôle du pont de Kehl/ l'avenue de la Forêt Noire.

Au passage, il laisse le soin au sous-lieutenant Garnier d'obtenir la reddition de <<Kaiserpalast>>, le siège du gouverneur militaire de Strasbourg Deux chars de tête sont réduits par des éléments retranchés. Il faut renoncer à établir une tête de pont sur l'autre coté du Rhin.

Une note de malaise:

Responsable de Strasbourg la 2e DB n'a pratiquement pas d'infanterie pour tenir. Le pont de Kehl résiste, les forts de la ceinture tiennent, le gouverneur militaire-le général Veterrodt- s'est retranché avec 600 hommes dans le fort Ney protégé par les inondables de la Wantzenau. Le centre de Strasbourg reste vide et... <<la présence muette de quinze mille civils allemands met une note de malaise>> <note Repiton-Préneuf, chef du 2e bureau de la 2e DB>. Ce dernier à la nuit, s'en va à l'hôtel de ville trouver des autorités civiles qui pourront administrer la cité. <<Ces hommes seront extrêmement efficaces>> observe-t-il.

Tout comme à Strasbourg, les allemands résistent dans les casernes à Mulhouse. Le Sherman M4A3 105 mm de l'escadron d'état-major du 12ème régiment de cuirassiers était commandé par le maréchal des logis Zimmer. Son char sera détruit à proximité du pont de Kehl. Un autre char, le " Meknes ", sera détruit à ses cotés. Aujourd'hui, à l'emplacement de cet événement, un Sherman M4A3 75 mm baptisé " Cherbourg " rappelle cet épisode de la libération de Strasbourg Le 23 novembre 1944, heure par heure

1 h.- L'ordre écrit de l'état-major américain acceptant l'attaque sur Strasbourg arrive à la division. Le général Leclerc, commandant de la 2e DB, a tout fait pour éviter d'être obligé de progresser avec le 7e corps américain.
3 h.- Les unités reçoivent l'ordre final de la division.
6 h 30.- Les cinq sous-groupements chargés de prendre Strasbourg - Rouvillois, Massu, Cantarel, Putz et Debray - partent simultanément par cinq itinéraires différents. Plus au Nord, Dio couvre la division, au Sud c'est Rémy qui assure cette tâche.
8 h.- Le plus rapide sera Rouvillois, par l'itinéraire nord. Sa colonne, entraînée par le char Evreux, traverse Hochfelden en trombe.
8 h.- Place de la République à Strasbourg. Le gouverneur militaire allemand de Strasbourg, le général Vaterrodt, reçoit un mystérieux coup de fil. Il décide de quitter le palais du Rhin et de s'enfermer avec 600 hommes dans le fort Ney, entre Strasbourg et La Wantzenau.

Court face-à! -face
à Brumath

8 h 15.- Brumath. La colonne de Rouvillois rencontre un convoi allemand, qui s'enfuit après un court combat.


8 h 30.- Vendenheim. Pris par surprise, les sapeurs allemands n'ont pas le temps de faire sauter le pont de chemin de fer et celui de la Marne-au-Rhin, atteint par le sous-groupement de Rouvillois.


8 h 45.- La colonne blindée de Briot aborde la ceinture des forts. Pour elle, c'est le Desaix. Sur la crête, elle tire au canon de 105, et dégage la route au 75 et à la mitrailleuse. La résistance ne dure pas.



9 h 15, dans
Schiltigheim - 9 h 30,
place de Haguenau

9 h 15.- La colonne de Rouvillois est dans Schiltigheim.


9 h 30.- Les quatre autres sous-groupements sont freinés par les forts de défense de Strasbourg : Massu devant le fort Hoche, Cantarel sur le fort Pétain, Putz sur le Kléber et Debray sur le Joffre.


9 h 30.- Le sous-groupement de Rouvillois arrive place de Haguenau, à Stras! bourg.


9 h 35.- La colonne franchit la place de Pierre. Le maréchal-des-logis chef Janier, sous l'ordre de Rouvillois, lance à la radio le message « Tissu est dans iode » qui marque l'entrée des troupes françaises dans Strasbourg. Juste après, le char Le Metz fait sauter un camion de mines allemand : l'explosion fait aussi des victimes civiles et incendie deux immeubles boulevard Poincaré.


9 h 40.- Pont de Pierre. Robert Fleig, un civil qui a guidé la progression, conseille d'avancer en deux colonnes vers le pont de Kehl : au Nord par l'axe avenue des Vosges - avenue de la Forêt-Noire vers le pont d'Anvers ; au Sud par la cathédrale et la place de la Bourse jusqu'au pont Vauban. Pour le général Marc Duvot (2), c'est le lieutenant-colonel Langlade qui a ordonné : « Le pont ! »



Place Broglie

9 h 45.- Place Broglie. L'Evreux débouche face à une traction noire occupée par deux hommes de la Gestapo. Une rafale de mitrailleuse tue les deux ! hommes et la voiture s'écrase contre la maison natale de Charles de Foucauld. Rouvillois veut le gouvernement militaire installé au palais du Rhin.


10 h 30.- Château du Birkenwald. Leclerc reçoit, enfin, le message de Rouvillois et se met en route.


11 h.- Les détachements envoyés au Sud, Briot et Lenoir, arrivent au pont Vauban à travers de nombreux fuyards, qui se précipitent vers Kehl. Ils font 800 prisonniers.


11 h.- Wolfisheim, fort Kléber. Putz franchit les fossés antichars sous le tir du fort. La route lui est ouverte vers Koenigshoffen.

11 h :
Illkirch-Graffenstaden

11 h.- Illkirch-Graffenstaden. Les premiers éléments de la colonne Debray se regroupent devant l'église.


Vers 11 h.- Au Nord, le détachement Josse descend l'avenue de la Forêt-Noire. Le char Le Terrible est touché par un obus peu après le boulevard de la Marne. Le peloton Josse continue vers le pont d'Anvers et fait 250 prisonniers. Rouvillois à l'entrée ! du pont, à pied, crie aux Allemands : « Rendez-vous ! » Le pont du Petit-Rhin est atteint à midi.

La Libération de l'Alsace 19 novembre 1944 - 20 mars 1945 jour après jour



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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 05:14

La constitution de la 2e DB

La constitution de la 2e DB

Au noyau initial du Cameroun et du Tchad se joignent des Spahis d'Égypte (Rémy, Roumiantzoff,...), des compagnies de chars reconstituées en Angleterre, des régiments entiers d'Afrique du Nord, une unité de fusiliers marins, des volontaires venus seuls ou groupés de nombreux points du monde avec l'intense désir de se battre, des évadés de France par l'Espagne et réchappés des prisons espagnoles, des Corses, des prisonniers de guerre évadés par la Russie (Branet, de Boissieu, Billotte,...), des Alsaciens-Lorrains, des éléments du corps franc d'Afrique, d'anciens républicains espagnols, une compagnie du RMT, la 9e dite la nueve comporte une majorité d'Espagnols, des quakers objecteurs de conscience qui intègrent le bataillon médical, des femmes arrivant des États-Unis avec leurs ambulances, ce sont les Rochambelles en mémoire de la participation du général français Rochambeau lors de la guerre d'Indépen­dance américaine et des Marinettes, conductrices appartenant à la marine française.
Au moment de son transfert en Angleterre, la 2e division blindée compte sur plus de 14.000 hommes quelque 3000 évadés de France par l'Espagne, 3 600 soldats autochtones d'Afrique noire (Mademba Sy), d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, qui illustrent l'importance de la contribution de l'Empire à la France.
" La constitution de la 2e DB fut ma plus belle victoire " dira plus tard Leclerc. L'un de ses hommes et biographe, le général Duplay, dira : " Pour rassembler ces volontés impatientes, il en fallait une plus forte : ce fut celle de Leclerc. Autant par sa poigne que par la séduction de son ardeur et de sa compétence, il fit, en moins d'un an, de la 2e division blindée une force de près de 20 000 hommes disciplinés, rompus au maniement de leurs armes, s'estimant les-uns les autres et prêts aux plus durs combats. " Cette unité composée d'hommes et de femmes d'origines ethniques, religieuses et politiques diverses va trouver sa cohésion au combat.
Fin décembre 1943, de Gaulle évoque avec Eisenhower la participation française pour les opérations de débarquement et pour la libération de la capitale. Il fait parvenir à Leclerc par le capitaine de Boissieu, une lettre lui confiant la charge de gouverneur militaire de Paris par intérim et désignant son unité pour libérer la Ville. C'est pour cette raison que la 2e DB est transférée en Angleterre dans le Yorkshire pour parfaire son entraînement fin avril 1944.
Le général Leclerc a précédé ses hommes, installant son poste de commandement à Dalton Hall (Yorkshire) à partir du 15 mai. Lors d'une prise d'armes le 3 juillet 1944, le général Koenig remet leurs drapeaux aux unités, Leclerc fait distribuer à chacun l'insigne de la 2e DB : une France sur fond bleu surmontée d'une croix de Lorraine stylisée en relief qui exprime la foi, la vocation et la cohésion de cette division. Mise à la disposition de la 3e armée du général Patton, la 2e DB traverse la Manche dans la nuit du 31 juillet au 1er août et débarque à Utah Beach (Saint-Martin-de-Varreville). En approchant de la plage, le général Leclerc murmure à son aide de camp d'une voix changée : " ça fait une drôle d'impression ", Girard lui répond : " ça fait rudement plaisir ".

Commandant la division : Général Philippe de Hautecloque dit "Leclerc"
Chef d'Etat Major : Colonel Bernard
Sous-chef d'Etat-Major : Lt-Colonel de Guillebon

ETAT MAJOR
1° bureau : Cdt Quilichini
2° bureau : Cdt Repiton - Preneuf
3° bureau : Cne Gribius
4° bureau : Cdt Lantenois
Base : Cdt Flandre

ARMES ET SERVICES
Artillerie Divisionnaire : Colonel Crépin
Forces Terrestres Antiaériennes : Cdt Lancrenon
Génie : Cdt Gravier
Transmissions : Cdt Tournier
Matériel : Cdt Clerc
Intendance : Intendant de 3° classe Gamet
Santé : Medecin commandant Richet
INFANTERIE

Régiment de Marche du Tchad
Chef de Corps : Colonel Dio
Chef d'Etat major : Commandant Vézinet

Ier Régiment de Marche du Tchad
Commandant : Cdt Farret puis Cne Quilichini
Chef d'Etat major : Cdt Corlu (+ 30.08.44)
puis Cne Lavergne
1ère Compagnie : Cne Grall
2°Compagnie : Cne de Perceval
3°Compagnie : Cne Sanmarcelli
Compagnie d'Appui 1 : Cne Troadec

IIeme Régiment de Marche du Tchad
Commandant : Cdt Massu
Chef d'Etat major : Cne Rogier
5° Compagnie : Cne Langlois de Bazillac
6°Compagnie : Cne Fonde puis Lt Ivanoff
7°Compagnie :
Compagnie d'Appui 2 : Cne Eggenspiller

FORCES TERRESTRES ANTIAERIENNES

22eme Groupe Colonial de F.T.A
Commandant : Chef d'Escadron Lancremon
GENIE

13eme Bataillon du Genie
Commandant : commandant Delage
TRANSMISSIONS

97/84° Compagnie Mixte de Transmissions
Commandant : Commandant Tournier puis Commandant David
TRAIN

Commandant : Capitaine Dubois
97° Compagnie de Quartier General
197° Compagnie de Transport
297° Compagnie de Transport
397° Compagnie de Circulation Routière
497e Compagnie de Services
INTENDANCE


15eme Groupe d'Escadrons de Reparation (15e G.E.R)

SANTE


Commandant : Medecin Commandant Richet
1ere Compagnie Medicale et Groupe d'Ambulancières "Rochambeau" (Rochambelles)
2eme Compagnie Medicale et Groupe d'Ambulancières de la Marine ("Marinettes")
3eme Compagnie Medicale et groupe d'Ambulancières "Quakers" (Britanniques)
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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 04:56

L'Annexion de l'Alsace et de la Moselle en 1940

L’Annexion de l’Alsace et de la Moselle en 1940


Suite à l'entrée des troupes allemandes en juin 1940 en Alsace et en Moselle, les deux régions françaises furent dès cette date purement et simplement annexées au Reich et absorbées par les districts administratifs allemands (Gaue). L'Alsace fut alors intégrée dans le Gau Baden-Elsass (destiné à devenir le Gau Oberrhein avec le pays de Bade) et la Moselle dans le Gau Westmark avec la Sarre et le Palatinat. Cette emprise administrative, sous l'autorité d'un Gauleiter pour chaque région, permit une intégration forcée très rapide dont la manifestation la plus brutale fut la germanisation des noms propres qu'accompagnait une interdiction de parler la langue française.

Hitler nomme dès le 20 juin 1940 le Gauleiter de Bade, Robert Wagner comme chef de l'administration civile en Alsace (pour la Moselle, ce sera le Gauleiter de Sarre – Palatinat, Burckel).Les deux hommes avaient un vécu commun: Wagner avait participé au pustsch de la brasserie de Munich, le 9 novembre 1933, et avait été incarcéré avec Hitler à Landsberg en 1924 . Réglementairement, le chef de l'administration civile doit être placé sous le commandement de l'armée occupant la région, mais dès le 2 août 1940, un décret de Hitler confie l'ensemble de l'administration civile au Gauleiter, la Wehrmacht n'exerçant plus que l'autorité militaire. Un second décret du 18 octobre 1940 renforce encore l'autorité du Gauleiter puisqu'il confie le Reichsgau Oberrhein (Alsace et Pays de Bade) à Wagner.
Il va ainsi disposer de pouvoirs véritablement discrétionnaires puisqu'il ne relève que du Führer en personne et n'admet aucune intrusion de la part des autres autorités.
Dégagé de toute entrave vis-à-vis des autorités du Reich, Wagner va s'efforcer d'y rattacher l'Alsace et de transformer les Alsaciens en bons Allemands et en nationaux-socialistes convaincus. En juillet 1945 il se rend à la police militaire américaine et est remis aux autorités française. En 1946, il est emprisonné à Strasbourg . Condamné à mort en mai, il est fusillé au fort Ney le 14 août. Devant le peleton d'exécution, il acclame une dernière fois le Fürer et injurie la Justice française. Ses restes ont été inhumés au cimetière de Strasbourg-Kromembourg, dans le carré des suppliciés.

«Strasbourg» fut occupé le 19 juin 1940 par les troupes allemandes et dès le retour des Strasbourgeois au mois d'août, commença, sous l'autorité du Gauleiter Wagner, de l'Oberstadtkommissar Ernst et du Kreisleiter Bickler, une politique de germanisation à outrance qui ne réussit qu'à dresser contre eux la quasi-totalité de l'opinion strasbourgeoise tout en développant l'activité des mouvements de résistance Bareiss, Welschinger et Wodli.

La fin de la guerre Strasbourg fut endeuillée par les bombardements des 11 août et 3 septembre 1944 qui, fruits d'une tragique erreur de la part des Alliés, firent de terribles dégâts dans la vieille ville et de nombreuses victimes.La ville de Strasbourg a été bombardée 3 fois. Le premier bombardement a eu lieu le 6 septembre 1943. M Thomas, qui nous a raconté l'histoire, se trouvait à l'école lorsque l'alarme a été déclenchée. Tous les enfants ont dû se rendre dans la cave de l'école avec les enseignants. Le bombardement a duré 2 minutes pendant lesquelles une partie de l'école s'est effondrée. Les enfants sont restés bloqués dans la cave pendant un certain temps. Lorsque M Thomas est sorti de la cave, il n'a plus reconnu son quartier : aucune maison n'était intacte. Le bombardement a fait 174 morts. Les 2 autres bombardements ont eu lieu le 11 août et le 25 septembre 1944.
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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 04:32